Quels films sur le poker et le casino voir absolument ?

Christophe

Quels films sur le poker et le casino voir absolument ?

Il y a un truc avec les films de poker et de casino : soit ils te donnent envie de tout plaquer pour t’asseoir à une table, soit ils te font comprendre en 2h pourquoi c’est une très mauvaise idée. Souvent les deux à la fois. Voici les meilleurs films poker casino à voir, classés par ce qu’ils valent vraiment, pas par ordre alphabétique ou par note agrégée sur un site.

Rounders (1998) : le film qui a tout déclenché

On commence par là parce que c’est la référence. Matt Damon dans le rôle de Mike McDermott, étudiant en droit le jour, joueur de poker la nuit. Et John Malkovich en Teddy KGB, avec cet accent russe complètement exagéré qui fait pourtant froid dans le dos. La performance de Malkovich est franchement hors-norme.

Ce qui est intéressant avec Rounders, c’est l’effet concret qu’il a eu : le film est sorti en 1998, bien avant le boom du poker en ligne des années 2003-2004, et il a directement alimenté l’explosion des parties à domicile aux États-Unis. Des milliers de joueurs aujourd’hui professionnels citent ce film comme point de départ. Pas un documentaire, pas un livre, un film de fiction.

Petit bémol : le bankroll management de Mike McDermott est catastrophique. Pas un modèle à suivre.

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Aperçu de la vidéo

Casino (1995) : Scorsese au sommet

Presque 3h de film. Scorsese, De Niro, Pesci. Le vrai Las Vegas des années 70-80, celui des mobsters qui contrôlaient tout, les machines à sous, les croupiers, les comptes cachés dans des boîtes à chaussures. C’est dense, parfois brutal, et complètement absorbant.

Casino n’est pas un film sur le poker à proprement parler. Mais sur le monde du jeu, l’argent, la corruption et ce que ça fait aux gens, personne n’a fait mieux. Sam Rothstein (De Niro) construit un empire, le voit s’effondrer à cause de ses propres excès et de ceux de son entourage. La scène avec le stylo dans la gorge reste gravée en mémoire dix ans après.

Quels films sur le poker et le casino voir absolument ?

Le Kid de Cincinnati (1965) : l’ancêtre indispensable

Steve McQueen, 1965. Le premier grand film exclusivement consacré au poker. La variante jouée, le 5-Card Stud, a quasi disparu des tables modernes, mais ça ne change rien à la tension qui s’installe autour de la table finale. Edward G. Robinson face à McQueen, un duel qui a inspiré des dizaines de films après lui, dont Rounders lui-même trente ans plus tard.

La main finale est discutée encore aujourd’hui par les amateurs. Pas si mal jouée, selon les experts qui s’y sont penchés.

Le Grand Jeu / Molly’s Game (2017) : Aaron Sorkin à la réalisation

Aaron Sorkin, c’est d’abord The Social Network, A Few Good Men, The Newsroom. Ses dialogues sonnent toujours comme personne d’autre. Pour son premier film en tant que réalisateur, il adapte les mémoires de Molly Bloom, ancienne skieuse de haut niveau reconvertie en organisatrice des parties de poker les plus privées et les plus chères d’Hollywood.

Jessica Chastain est parfaite. Idris Elba, Kevin Costner, Michael Cera… le casting tient la route de bout en bout. Ce que le film montre bien, c’est le fonctionnement concret de ces parties clandestines : la mise d’entrée pouvait atteindre 250 000 dollars, les joueurs étaient des acteurs connus, des sportifs, des hommes d’affaires, et Molly tirait ses revenus de tips volontaires, jusqu’au moment où elle a basculé vers le pourcentage direct, ce qui l’a mise sur le radar du FBI.

Petite précision : un autre protagoniste de ces parties, le producteur Houston Curtis, a contesté certains éléments du récit. Alors entre la version Molly Bloom et la sienne, difficile de trancher. Mais le film reste excellent.

Et franchement, c’est le film sur le poker le plus accessible pour quelqu’un qui ne connaît rien au jeu.

Gros coup à Dodge City / A Big Hand for the Little Lady (1966)

Celui-là, peu de gens le connaissent. Tort.

Henry Fonda dans un western léger centré entièrement sur une seule main de poker fermé. Un mari qui ne peut pas s’empêcher de jouer, une mise astronomique, une femme qui doit reprendre les rênes alors qu’elle n’y connaît rien. Ce qui rend le film unique, c’est qu’on ne voit jamais les cartes des joueurs. Tout se joue sur les visages, les attitudes, la psychologie. Et le twist final, que je ne vais pas spoiler ici, est l’un des plus malins que le genre ait produit.

Moins connu que les autres. Mais clairement dans le top 5.

Casino Royale (2006) : Bond et le poker

Soyons honnêtes : les scènes de poker dans Casino Royale ne sont pas réalistes. La main finale notamment, celle où Bond gagne avec 7♠ 5♠, est du scénario de science-fiction pur. Mais le film sait au moins que le poker existe, prend la peine de le filmer proprement, et Daniel Craig/Mads Mikkelsen forment une opposition mémorable autour de la table.

Pour quelqu’un qui regarde le film sans connaître le poker, c’est du spectacle bien fait. Pour un joueur régulier, c’est à regarder avec indulgence.

Lock, Stock and Two Smoking Barrels (1998) : poker et chaos londonien

Guy Ritchie, premier film, 1998. Eddy perd 500 000 livres dans une partie truquée de 3 Card Brag (une variante britannique ancienne du poker fermé), et tout part de là. Techniquement, c’est pas du Texas Hold’Em, mais le mécanisme narratif est identique : le jeu comme déclencheur d’une spirale incontrôlable.

Ce film est avant tout un bon film. Ce qui est rare dans cette liste, à vrai dire.

L’Arnaque (1973) : le classique absolu

Robert Redford, Paul Newman, une arnaque montée en plusieurs actes dont une partie truquée de poker fermé au milieu. La musique de Scott Joplin (The Entertainer), l’ambiance des arrière-salles enfumées des années 30, et une construction scénaristique impeccable. L’Arnaque est moins « film de poker » que film de arnaqueurs qui utilisent le jeu comme outil, mais la scène de table reste anthologique.

Tableau récapitulatif des films incontournables

FilmAnnéeJeu représentéRéalisme pokerÀ voir si…
Rounders1998Texas Hold’EmBon (sauf bankroll)Tu joues ou veux apprendre
Casino1995Ambiance casinoN/ATu veux du grand cinéma
Le Kid de Cincinnati19655-Card StudCorrectTu aimes les classiques
Molly’s Game2017Texas Hold’EmBonTu veux une vraie histoire
Gros coup à Dodge City1966Poker ferméPsychologiqueTu veux être surpris
Casino Royale2006Texas Hold’EmFaibleTu es fan de Bond
Lock, Stock…19983 Card BragMoyenTu veux un bon film tout court
L’Arnaque1973Poker ferméContexteTu aimes les films d’arnaque

Les films à éviter (ou à regarder au second degré)

Deal (2008) mérite une mention particulière, mais pas pour les bonnes raisons. Ben Affleck, Justin Timberlake, scénario rachitique, et l’impression de regarder un spot publicitaire de 1h30 pour PokerStars. Le personnage de Burt Reynolds, figé par la chirurgie esthétique, est tellement caricatural qu’il devient presque fascinant à regarder. Visionnage possible un soir de pluie, avec peu d’attentes.

Runner Runner (2013), même casting de luxe, même désastre. La transition entre « victime arnaquée » et « bras droit du grand patron » prend environ deux minutes dans le film. Deux minutes.

Mais voilà, parfois les mauvais films de poker sont aussi instructifs que les bons. Ils montrent à quel point le cinéma peine à rendre le jeu intéressant pour un public large.

Deux documentaires à ne pas rater

Bet Raise Fold (2013) raconte l’histoire du poker en ligne à son apogée, filmée en temps réel, et se retrouve percutée de plein fouet par le Black Friday du poker d’avril 2011, le jour où le gouvernement américain a bloqué les principales rooms pour les joueurs US. Les réalisateurs ont dû pivoter complètement en cours de route. Ce qu’on obtient est un document historique sur une époque qui ne reviendra pas.

Nosebleed (2014), réalisé par le Français Victor Saumont, suit deux joueurs pros français (Sébastien « Seb86 » Sabic et Alex « Alexonmoon » Luneau) jusqu’aux World Series of Poker à Las Vegas. Disponible gratuitement sur YouTube. Court, honnête, sans fioriture. Les joueurs oublient rapidement la caméra et ça se voit. C’est probablement le portrait le plus juste de ce que vivent vraiment des joueurs pros au quotidien.

Quelques mentions qui méritent mieux que l’oubli

California Split (1974, Robert Altman) : George Segal et Elliott Gould en gamblers à temps plein. Poker, blackjack, courses de chevaux, paris en tous genres. Une scène avec Amarillo Slim lui-même. C’est le film qui s’intéresse le plus concrètement à la vie quotidienne d’un joueur professionnel de l’époque, sans la glamouriser.

Lucky You (2007) avec Eric Bana : tourné avec Doyle Brunson comme conseiller technique, ce qui se ressent dans la qualité des mains jouées. Rare pour un film hollywoodien. Le problème, c’est que l’histoire d’amour prend le dessus sur le poker à partir de la moitié du film. Dommage.

Bob le flambeur (1956, Jean-Pierre Melville) : film français, ambiance noire, Montmartre, un flambeur qui prépare un casse au casino de Deauville. Melville avant Melville, d’une certaine façon. Lent par rapport aux standards actuels mais avec une atmosphère qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Par où commencer ?

Si tu n’as vu aucun de ces films, Rounders d’abord. Puis Molly’s Game. Puis Casino pour le plaisir pur du grand cinéma. Et si tu veux être surpris par un film dont personne ne parle jamais, Gros coup à Dodge City un soir sans attentes particulières.

Pour le reste, l’ordre n’a pas vraiment d’importance. C’est une filmographie à construire sur plusieurs années, pas une liste à cocher en un week-end.

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